Elektron Octatrack

Elektron a sorti son Octatrack DPS-1 en 2011 au milieu d'affirmations selon lesquelles l'échantillonnage est un art mourant qu'ils veulent rétablir. Bien sûr, ce n'était pas tout à fait vrai car la plupart des gens étaient simplement passés à la commodité du logiciel plutôt qu'à l'utilisation du matériel en ce qui concerne l'échantillonnage. Cependant, on devrait remercier Elektron d'avoir essayé quelque chose de très différent avec l'Octatrack. Si l'Octatrack était purement un échantillonneur, il n'aurait peut-être pas aussi bien fonctionné, mais heureusement, il avait beaucoup plus à offrir. L'échantillonnage logiciel a libéré les utilisateurs des limites du matériel avec des fonctionnalités telles que la temporisation et la hauteur indépendante, de sorte qu'Electron avait du pain sur la planche pour rendre l'Octatrack plus attrayant pour les personnes habituées à ces options.
En plus de huit pistes stéréo d'échantillons, l'Octatrack propose également huit pistes de séquençage pas à pas MIDI. Bien qu'il dispose d'un port USB, il ne peut être utilisé que pour transférer des échantillons vers un ordinateur à partir de la carte Compact Flash, qui est utilisée comme périphérique de stockage. La capacité maximale des cartes prises en charge est de 64 Go, ce qui était suffisant à l'époque. L'Octatrack dispose d'un séquenceur pas à pas et offre aux utilisateurs huit pistes stéréo d'échantillons ainsi que huit pistes de séquençage pas à pas MIDI. Les échantillons peuvent être diffusés soit directement à partir des cartes Compact Flash, ce qui signifie moins de limitations en termes de longueur, soit chargés dans la RAM. Ce dernier vous donne accès à une manipulation en temps réel plus avancée au prix de la longueur totale de l'échantillon.

La qualité de fabrication de l'Octatrack est vraiment bonne et tout donne une sensation de robustesse et de solidité. Elektron a de nouveau utilisé des encodeurs rotatifs à double vitesse, qui vous permettent d'ajuster les paramètres normalement avec une torsion ou de faire des ajustements rapides avec une poussée et une torsion. Ce qui a vraiment distingué l'Octatrack à l'époque, c'est l'excellent séquenceur pas à pas. Avec un peu de travail, il est possible de créer des rythmes très complexes et la possibilité de définir des paramètres indépendamment pour chacun des déclencheurs d'échantillons est excellente. Ce n'est pas la machine la plus facile à jouer, mais cela en vaut la peine. Certaines des choses qui retiennent l'Octatrack sont le manque de sorties individuelles, donc ceux qui aiment se lancer dans le mixage externe et le traitement du signal n'ont pas de chance. Par rapport au logiciel, l'utilisation d'Octatrack comporte également une courbe d'apprentissage plus importante. Néanmoins, c'était un matériel très excitant pour l'époque et offrait une excellente alternative matérielle pour quelque chose qui devenait de plus en plus uniquement logiciel.
3 Avis d'utilisateurs
Ça fait maintenant un an que je l'ai. L'Octatrack est mon troisième séquenceur/sampleur après la MPC500 d'Akai que j'ai détestée à cause de son workflow ultra lourdingue et après le SP404, sampleur que j'affectionne pour son côté ludique et immédiat mais que je trouve vraiment désuet. Forcément, la marche a été énorme pour moi quand je suis passé sur l'Octatrack puisqu'on est plus du tout dans le même concept de machine (et la ranger dans la même catégorie que la MPC500 ou le SP404 me paraît presque faux en fait).
Premier point, la limitation à seulement 8 pistes. Je pense vraiment qu'envisager l'Octatrack en sampleur multipistes traditionnel, c'est un peu passer à côté de l'intérêt de la machine. 8 pistes audio seulement mais avec des possibilités de modulation et de manipulation très grandes, des enregistreurs de pistes qui peuvent sampler n'importe quelle source (entrées externes, sources internes à savoir les pistes, le master ou le cue) en temps réel et que l'on peut séquencer, 3 LFOs par pistes qui permettent de modifier tous les paramètres. Sans oublier un algorithme de timestretch extrêmement puissant qui peut complètement freezer le son de manière très propre. Pour ma part, j'envisage vraiment l'Octatrack comme une sorte de super 4 pistes K7 numérique où on l'on ne possède que 8 pistes mais que l'on peut triturer dans tous les sens et surtout, que l'on peut faire interagir entre elles (je précise que je fais plutôt de la noise et de l'électroacoustique). Tous les outils sont présents pour construire son propre "synthé". Pour pinailler, je trouve dommage qu'on ne puisse pas créer des groupes de pistes pour les enregistreurs. Là c'est soit piste individuelle soit master mais c'est vraiment du détail.
Là où ça devient très intéressant, c'est qu'on peut aller très loin avec par exemple des configs en cascade où les pistes s'enregistrent successivement (la piste 2 enregistre et joue la piste 1, la piste 3 enregistre et joue la piste 2, etc...) et pour peu qu'on affecte des LFO en mode aléatoire à certains aspects de lecture (le start du sample, sa hauteur, etc...), on peut arriver à des patchs génératifs basés sur du feedback en interne et de la synthèse pseudo-granulaire avec de la modification aléatoire constante. Et ça, c'est juste un exemple de ce que l'on peut faire. En un sens, l'Octatrack a vraiment un côté modulaire qui peut l'éloigner très fortement du beatmaking pour aller explorer des horizons expérimentaux ou faire du sound design. Je précise aussi l'utilisation du terme synthèse "pseudo-granulaire", l'Octatrack ne fait pas de synthèse granulaire à proprement parler. Il manque certains concepts inhérents à cette synthèse comme l'interpolation des grains, leur taille, la densité des grains, la gestion de l'enveloppe du grain, etc.. Alors certes, on peut parvenir à imiter la plupart de ces paramètres grâce aux LFOs mais on ne peut pas espérer faire ce qu'un GR1 de Tasty Electronics fait par exemple.
Rajoutons à cela le fameux séquenceur d'Elektron et ses conditionnal trigs apparus sur la dernière mise à jour qui permettent d'inclure des probabilités et des conditions, y compris entre pistes et on comprend que la machine a un potentiel presque illimité en matière d'expérimentation.
Concernant l'apprentissage de la machine, c'est sûr que c'est complexe et que les deux premières semaines ont été décourageantes. Certains concepts comme ceux des scenes, ou des part me passaient vraiment au-dessus de la tête ou alors je ne comprenais pas leur utilité. Mais honnêtement, n'importe qui un minimum motivé, prêt à se plonger dans le manuel et qui accepte la frustration parviendra à maîtriser la machine. Se plaindre de la nature complexe de l'Octatrack c'est se plaindre de la nature même de cette machine qui est très exigeante. Et avant de commencer à faire des programmations complexes et intéressantes, il faudra y consacrer du temps. C'est peut-être ça qui rebute certaines personnes avec cette machine, on est pas dans une démarche de plug and play et de fun immédiat (et attention, je ne dénonce pas ça, mais c'est pas sur l'Octatrack qu'on trouvera ça).
Un dernier point, je conseille vraiment de rajouter un contrôleur midi. J'ai choisi un Evolution UC33e, c'est pas incroyable mais ça fait bien le taf. Le fait de pouvoir contrôler indépendamment les volumes de chaque pistes et d'avoir pleins de paramètres contrôlables directement sans accéder à certaines pages spécifique de l'Octatrack décuple vraiment le potentiel de la machine et accentue encore plus son côté "modulaire". Je trouve d'ailleurs vraiment étrange qu'Elektron n'ait jamais sorti un contrôleur midi dédié tellement ça améliore la machine (qui est déjà excellente à la base hein).
Pour terminer, l'Octatrack n'est pas un Live hardware. Ce n'est pas non plus une concurrente directe à la MPC Live dans la mesure où les deux machines n'ont pas du tout la même approche. Ce n'est pas non plus une machine simple d'accès mais elle offre tellement en contrepartie.
Un point que je n'ai pas mentionné dans cet avis. Cette machine a quand même une grosse lacune, à savoir la gestion du tempo. Il n'est pas possible d'affecter un tempo par pattern (apparemment on peut le faire via le mode arrangeur mais ça ne correspond pas du tout à mon approche), ni même par bank (!) ce qui peut être vraiment handicapant dans plein d'approches musicales. Un truc qui serait génial aussi serait de pouvoir manipuler la valeur de tempo comme n'importe quel autre paramètre et de l'affecter à des scènes ou des modulations de LFO.
Et enfin, la machine étant plutôt dédiée à l'expérimentation sonore (à mon avis), des sorties CV/gate pourraient être excellentes afin de rendre la machine modulaire friendly.
C'est une nouvelle race de sampler. Un mix de ce qui se fait de mieux en hardware et en software.
Il y a une logique un peu ardue à comprendre au début, mais une fois assimilée, c'est parfaitement clair. L'interface est vraiment unifiée. Tout se fait sur le même principe. C'est une des grandes qualités des produits Elektron. Il ne faut surtout pas laisser le manuel de côté et le lire integralement. Ensuite, tout devient clair.
Pour avoir travailler avec un grand nombre de sampler matériel, celui-ci offre quelque chose de différent et vraiment novateur.
Il peut être utilisé par des DJ en temps que looper ou bus d'effet mais aussi par des compositeurs. Vraiment très polyvalent. En général, un produit polyvalent n'est que moyennement bon mais là c'est une vraie tuerie. Chapeau bas messieurs Elektron!
Que se soit pour séquencer en midi des synthés ou instruments midi externes, se looper des sons, créer des boucles, appliquer des effets, remixer, l'octatrack, une fois assimilé son fonctionnement, offre une créativité énorme loin d'un écran d'ordinateur.
Malgré l'absence de sorties individuelles et un apprentissage qui nécessite de bien comprendre son workflow ( ce qui est aujourd'hui facilité par le manuel disponible en français ), l'Octatrack est fiable, l'OS 1.21b est stable et Elektron travail régulièrement sur des mises à jour. La machine invite à l'expérimentation et les effets sont de qualité. La sauvegarde autorise des compact flash jusqu'à 64 Go et les chargements sont rapides ( Prendre une carte de qualité...) sur ma 32 Go.
Je pense qu'il va me falloir beaucoup de temps pour la maitriser mais qu'elle plaisir de retravailler sur un sampler hardware !
vivement mon premier live avec...
Fiche Technique
- Année de Sortie :
- 2011
- Type :
- Numérique
- Synthèse :
- Echantillonnage
- Oscillateurs :
- 4
- Modulation :
- Fader, Entrée, Bouton, LFO, Séquenceur, Vélocité
- Echantillonnage :
- 24 bit, 44.1 kHz
- Enveloppes :
- 1
- Paramètres d'Enveloppe :
- Attack, Decay, Sustain, Release
- Filtres :
- 1
- Types :
- 12 dB/octave (2 pôles), 24 dB/octave (4 pôles)
- Modulation/Filtre :
- Bouton, LFO, Séquenceur, Vélocité
- LFO :
- 6
- Polyphonie :
- 8
- Multi-Timbralité :
- 16
- Tuning :
- Standard
- Patchs RAM :
- 256
- Multipatchs RAM :
- 16
- Enregistrement :
- Carte Flash
- Edition :
- MIDI, USB
- 2 blocs d'effets avec des effets individuels. La piste 8 peut être utilisée comme piste d'effet principale si nécessaire.
- 8 pistes audio. 8 pistes MIDI. Jusqu'à 64 pas par motif. Longueurs de piste individuelles.
- Type :
- Desktop
- Contrôles :
- Entrée Audio de Modulation, Boutons, Pads, Potentiomètres, Potentiomètre de Tempo, Vélocité, Pédale de Volume
- Ecran :
- LCD, Rétroéclairé
- Clavier :
- Pads
- Dimensions (LxPxH) :
- 340mm x 181mm x 63mm
- Poids :
- 2.4 kg
- Ecran H :
- 128
- Ecran V :
- 64
- Infos/Ecran :
- LCD rétroéclairé de 128 × 64 pixels
- Détails :
- Châssis en acier
- Ports MIDI :
- IN, OUT, THRU, USB
- Sorties Audio :
- Prise Jack 6.35mm (1/4"), Stéréo Main, Stéréo Casque
- Nb Sorties Audio :
- 5
- Entrées :
- 1/4"
- Alimentation :
- 6V DC, 3A
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